Foulques (ou Fulco) III, dit Nerra, le Noir, en
raison de son teint sombre, né vers 965/70,
mort à Metz le 21 juin 1040, fut comte d'Anjou
de 987 à 1040. Il était de la famille
des Ingelgeriens et fils de Geoffroy Ier Grisegonelle,
comte d'Anjou, et d'Adélaïde de Vermandois.

À son avènement, Foulques III Nerra,
le nouveau comte d'Anjou, alors âgé d'une
vingtaine d'années, est un personnage d'un
naturel violent et d'une énergie peu commune,
un des batailleurs les plus agités du Moyen Âge,
selon la formule d'Achille Luchaire.
Il se montre souvent cruel, mais ses remords sont à la hauteur
de ses crimes : il multiplie les abbayes dans ses domaines et part, à trois
reprises, pour la Terre sainte (1002 ; 1008 ; 1038), pour laver ses
nombreux péchés, pour se faire pardonner ses crimes.
En effet, on l'accuse, entre autres, d’avoir fait mourir sa première épouse.
Poursuivi par la haine publique et par le cri de sa propre conscience,
il a l'impression que les nombreuses victimes immolées à sa
vengeance ou à son ambition, sortent la nuit de leurs tombeaux
pour troubler son sommeil et lui reprocher sa barbarie.
Il combat les prétentions des comtes bretons de Rennes, allié à Aimery
III de Thouars, il bat et tue Conan Ier de Rennes à la bataille
de Conquereuil le 27 juin 992, puis étend par la force son autorité sur
le comté du Maine et la Touraine. Il s'oppose également
aux Normands du duché. Enfin il agrandit son domaine au détriment
du Poitou, en conquérant les Mauges.
Toutes ses entreprises se heurtent à l'ambition, non moins violente,
d'Eudes II, comte de Blois, contre lequel il bénéficie
de l'alliance capétienne. Il est vainqueur de celui-ci à la
bataille de Pontlevoy le 6 juillet 1016.
De 987 à sa mort, période où il est comte d'Anjou,
il guerroye sans cesse contre les Bretons, contre la Maison de Blois,
protégeant son comté, allant de Vendôme à Angers
en passant par Château-Gontier, Loches, Montbazon, Langeais ou
Montrichard. On lui doit plus d'une centaine de châteaux, donjons
et abbayes. En 1007, Foulque Nerra fonde l'abbaye de Beaulieu-lès-Loches.
On lui doit également le plus ancien donjon en pierre de France,
forteresse bâtie vers 990 et dont les ruines se trouvent toujours à Langeais,
ainsi que l'étang Saint-Nicolas à Angers, qu'il fit creuser
vers l'an 1000.
Il meurt le 21 juin 1040 à Metz, sans jamais revoir l'Anjou,
alors qu'il rentre de son dernier voyage en Palestine.
Foulques Nerra est cité dans "la Chronique des Comtes d'Anjou",
texte écrit de 1100 à 1140 par un moine angevin, à la
demande de Foulques le Réchin.
Mariages et enfants [modifier]
Il épouse en premièrs noces Élisabeth
de Vendôme, fille de Bouchard le « Vénérable »,
comte de Vendôme et d'Élisabeth de
Melun. Accusée à tort d'adultère,
elle aurait été brulée vive
vers l'an mil, mais cette version est mise en doute.
De ce mariage était née une fille
:
Adèle, comtesse de Vendôme, mariée à Bodon
de Nevers.
Il épouse ensuite en 1001 une Hildegarde. On ne connait pas
son origine, le seul document en parlant, le cartulaire de l'abbaye
Notre-Dame-de-la-Charité ou Ronceray, précise qu'elle
est originaire de Lotharingie et d'ascendance royale. Plusieurs identifications
furent proposées : les comtes de Sundgau, les comtes de Nordgau
ou Thierry Ier, duc de Haute-Lotharingie et Richilde de Metz. Foulque
Nerra et Hildegarde donnèrent naissance à :
Geoffroy II Martel (1006 † 1060), comte d'Anjou et de Vendôme.
Ermengarde Blanche, mariée à Geoffroy II Ferréol,
comte du Gâtinais, puis à Robert Ier le Vieux, duc de
Bourgogne.